Maisons en cartons, pirouettes et cacahuètes

« Sa maison est en carton, ses escaliers sont en papier » mais on ne se casse pas le bout du nez à la Cité de l’architecture et du patrimoine !

Jusqu’au 17 Mars 2013, l’exposition Architectures de papier présente cinq artistes dont les univers interrogent la place de l’architecture dans la ville. Entre l’utile et l’esthétique, cet art du grand et du robuste s’associe à la fragilité et à la minutie du travail du papier.

Mathilde Nivet crée des nuages de buildings, collés les uns aux autres, sur les autres, contre les autres. Usines, immeubles, manèges et machines de chantier représentent une ville urbanisée et moderne. Le nuage, comme le papier, est symbole de légèreté, de pureté, de naturel. L’urbanisme, création de l’homme, est souvent un appel à la démesure en parallèle à un besoin d’optimisation de place. Dans un cadre limité, ces oeuvres suspendent la ville. L’emprise sur le monde par les constructions de l’homme est alors réduite à des entités minimes et surchargées, dans un univers qui le dépasse. Le spectateur se retrouve face à des nuages de villes, comme des sociétés distinctes et pourtant semblables qui se côtoient mais ne se touchent pas.

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Les nuages de Mathilde Nivet

Dans un style beaucoup plus simple et épuré, Stéphanie Beck présente de véritables maquettes de villes blanches dans du papier découpé. L’architecture est représentée dans son aspect le plus strict du bâtiment disposé dans une ville de forme circulaire ou rectangulaire. La ville est organisée, géométrique et les habitations sont simples et vides. Elles semblent être encore en construction. On pense à une cité romaine aux rues perpendiculaires et où rien n’est laissé au hasard. Contrairement à la ville engorgée de Mathilde Nivet, celle de Stephanie Beck montre le contrôle de l’homme sur l’organisation de la ville et l’homogénéisation de ses bâtiments. L’architecture est pensée comme nécessité de construire un habitat et non comme une expression esthétique. L’espace est maîtrisé, le temps est suspendu, dans une architecture laissée béante, inachevée, abandonnée.

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Les cités de Stéphanie Beck

Béatrice Coron fait d’un papier noir de la dentelle. Elle nous livre ainsi une frise représentative du monde: la ville, la fête foraine, la tour de Babel, l’océan, des montgolfières, un sablier ou encore des galeries souterraines sont les témoignages de la vie et des monuments, réels ou utopiques, de l’Histoire de l’Homme. L’architecture ne se limite pas au bâtiment, c’est plutôt une fourmilière qui se construit pas à pas dans l’espace mais aussi dans le temps. Elle interroge  l’architecture dans sa nécessité et son évolution. Nécessité de logement  et évolution dans le temps et selon les environnements. Le bateau est architecture de la mer, les montgolfières sont architectures du ciel. Elle nous montre que l’homme, en tout temps et en tout lieu, a besoin d’adapter son habitat à ce qui l’entoure en lui apportant également une sensibilité esthétique.

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Les ombres chinoises de Béatrice Coron

Peter Callesen et Ingrid Siliakus exploitent la pureté du blanc et se détachent des autres par une architecture de style oriental. Le premier monte des sculptures qui reposent sur la feuille dans laquelle ses parties ont été découpées, créant une impression entre l’ombre et l’anamorphose. D’une feuille blanche, un bâtiment émerge, s’érige. La réflexion s’attache à une communication entre l’espace vide et la sculpture créée avec la matière découpée et transformée. Telle l’anamorphose, l’image déformée du découpage apparaît reformée et compréhensible par l’oeil du spectateur à la verticale. L’architecture est pensée comme une construction esthétique à partir d’un matériau brut. Ce que l’homme construit, il l’emprunte à la nature, le façonne. L’oeuvre de Peter Callensen est un passage d’un état à un autre, une ode à la transformation.  Ingrid Siliakus, quant à elle, crée des pop-up géométriques et raffinés. Cette oeuvre interroge également la transformation. Passage de deux dimensions en trois, de l’art papier à la sculpture.

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Les anamorphoses de Peter Callesen
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Les pop-up d’Ingrid Siliakus

A la suite de l’exposition, les plus jeunes pourront essayer de créer eux-mêmes leur architecture de papier grâce à un espace très bien équipé mettant à leur disposition différentes sortes de papiers, et de quoi découper, coller, exprimer pleinement sa créativité! Autour de la table, des panneaux racontent l’histoire du papier et nous expliquent comment les cinq artistes de l’exposition ont procédé.

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L’atelier de création des petits architectes!

Pas très grande, cette exposition s’avère pourtant très enrichissante. On découvre et re-découvre des manières de manier le papier et on plonge dans ces mondes miniatures emplis de créativité et de délicatesse. C’est une réflexion sur le monde, sur notre urbanisation et une comparaison en synchronie et diachronie qui s’opère au contact de ces oeuvres.

Infos Pratiques par ici !

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